La tête dure
Il y a quelques années, j’ai hérité du chalet familial. Cela faisait près de dix ans que je n’y avais pas mis les pieds. Lorsque j’y suis retournée, le charme a opéré, et on a décidé de le rénover pour pouvoir en profiter toute l’année. Entre autres, nous avons fait construire la nouvelle charpente par une entreprise spécialisée. Quant à l’installation du revêtement de la toiture, nous avons demandé l’aide de membres de la famille. C’est sous la pluie qu’a débuté l’aventure. Le contreplaqué était vraiment glissant, mais mon gendre s’est porté volontaire pour dérouler et agrafer le papier goudronné. Tout s’est passé sans embuches pour le premier côté du toit, mais cela aurait pu se gâter sérieusement sur le deuxième côté. Mon gendre a glissé et a échappé le gros rouleau de papier goudronné. Mon beau-frère, qui allait se mettre à l’abri de la pluie dans le chalet, l’a reçu sur la tête! La seconde où j’ai vu le rouleau tomber du toit et se diriger vers la tête de Claude m’a paru interminable. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal. Il s’en est tiré sans égratignures, seulement une petite ecchymose. Nous avons été vraiment chanceux et nous le savons. Les travaux se sont arrêtés sur-le-champ: l’émotion avait paralysé la moitié de l’assemblée tandis que l’autre moitié s’est occupée à établir un périmètre de sécurité autour du chalet (nous aurions dû le faire bien avant), et mon mari est parti à la course chercher des casques de protection qui ont été utilisés tout au long des travaux. Au moins, la mésaventure aura servi à quelque chose: toutes les personnes présentes font attention quand elles rénovent maintenant. Nous avons compris qu’il suffit de peu pour que survienne un accident sérieux.
